Le Béarn, vallées pyrénéennes et villages de caractère

Pau et les grandes cités du Béarn

Pau s’impose comme la porte d’entrée naturelle du Béarn. La ville s’étage au-dessus du gave, autour de son château, de son musée national, du musée béarnais, du musée des Beaux-Arts et du vieux quartier du Hédas, aux ruelles étroites et aux escaliers abrupts. Depuis le boulevard des Pyrénées, le regard file vers la chaîne montagneuse, surtout par temps clair, lorsque les sommets se détachent nettement à l’horizon. Le gave de Pau rappelle en permanence le lien de la cité avec l’eau et les vallées qui convergent vers la plaine.

Autour de Pau, de nombreuses petites villes complètent ce paysage historique. Lescar conserve une cathédrale majestueuse et un petit musée béarnais qui raconte le passé de l’ancienne capitale épiscopale. Orthez, juchée au-dessus du gave, aligne sa vieille ville, son pont historique et un important marché le mardi, où volailles, jambons et foies gras se pressent de novembre à février. Salies-de-Béarn, avec ses maisons anciennes, son église du XVIIᵉ siècle et son établissement thermal, doit sa renommée à ses eaux salées et à son urbanisme serré autour des canaux. Un peu plus à l’écart, Saint-Christau prolonge cette tradition de thermalisme dans un cadre verdoyant et calme qui invite au repos.

Villages béarnais et bastides au fil des gaves

Le Béarn se reconnaît aussi à ses villages, souvent groupés autour d’un clocher et d’un pont sur le gave. À Asson, le château et l’église composent un ensemble harmonieux entre collines et vergers. Bellocq, bastide fortifiée, garde les vestiges du château des vicomtes de Béarn, qui surveillait autrefois le passage vers le pays basque. Sarrance, blotti dans la vallée d’Aspe, présente une belle église et des maisons serrées le long de la route, dans une atmosphère de village de montagne. Sainte-Colomes offre, elle aussi, le visage typique d’un village béarnais, avec son église, ses maisons aux toits pentus et ses prés qui montent vers les collines.

Oloron-Sainte-Marie occupe une place particulière à la rencontre de plusieurs vallées. Le vieux quartier Sainte-Croix, l’église romane, la cathédrale et les ponts sur les gaves en font une ville de caractère, tournée à la fois vers la montagne et vers la plaine. Deux fois par an, au printemps et à l’automne, de grandes foires agricoles rassemblent éleveurs, troupeaux et stands gourmands. La ville est également connue pour la production de linge et de bérets basques, ainsi que pour un festival de folklore des Pyrénées organisé fin juillet et début août les années paires.

Vallées d’Aspe et d’Ossau, routes des Cimes et fromages

Le Béarn se découvre en profondeur en suivant ses vallées pyrénéennes. La vallée d’Aspe, près d’Oloron-Sainte-Marie, mêle fromages des Pyrénées, villages en balcon et milieux naturels protégés par le Parc national des Pyrénées. La maison du Parc à Etsaut présente faune, flore et paysages, tandis que la route grimpe vers le pic d’Anie, à 2 504 mètres, dominant un panorama spectaculaire. Le défilé du Pont d’Enfer, le fort du Portalet accroché à la falaise, puis le col du Somport jalonnent une montée impressionnante vers la frontière espagnole. La route impériale des Cimes prolonge ces itinéraires en suivant les crêtes et en offrant de larges vues sur les vallées et les pics.

La vallée d’Ossau part de Laruns, village animé par des fêtes folkloriques à la mi-août et entouré de nombreux sentiers de promenade. On y trouve la station thermale des Eaux-Chaudes, les gorges de Bitet, la Maison du Parc naturel des Pyrénées et la silhouette emblématique du Pic du Midi d’Ossau. Depuis Laruns, le petit train d’Artouste, accessible par la télécabine de la Sagette, grimpe jusqu’au lac d’Artouste et propose l’un des parcours ferroviaires les plus spectaculaires d’Europe. Plus haut encore, les randonneurs chevronnés entreprennent l’ascension du Balaïtous, à 3 146 mètres, tandis que le col du Pourtalet ouvre une porte naturelle sur l’Espagne.

La vallée du Valentin, couverte de bois et de cascades, relie la station de Gourette à Bétharram. Gourette, station de sports d’hiver dotée de nombreuses pistes, se transforme l’été en point de départ de randonnées vers le pic du Ger et les crêtes environnantes. À Bétharram, les grottes et la rivière souterraine se visitent en combinant marche, télécabine et petit train durant la belle saison. L’ensemble de ces itinéraires forme un réseau de promenades qui permet de passer, en quelques kilomètres, des rues animées des bourgs aux paysages de haute montagne.

Vignobles, savoir-faire et art de vivre

Le piémont béarnais est aussi une terre de vignobles. Autour de Morlaàs et sur les coteaux du Vic-Bilh, les dégustations se multiplient chez les vignerons. Lembeye accueille la coopérative des vignobles du Madiran, où l’on découvre les vins puissants issus de ce terroir. Vers Pau, le Jurançon déroule ses vignes sur les pentes bien exposées, avec des caves ouvertes à la visite qui proposent vins blancs secs ou moelleux, parfaits pour accompagner foie gras et fromages. La route des fromages Ossau-Iraty relie quant à elle bergerie, fermes et villages, en suivant les troupeaux de brebis qui pâturent sur les estives.

Le savoir-faire artisanal reste très présent. À Nay, non loin de Pau, on fabrique encore cloches pour vaches et brebis ainsi que bérets basques, dans des ateliers qui perpétuent des gestes anciens. À Bruges, les randonnées en montagne à dos d’âne permettent de découvrir le paysage au rythme calme de l’animal, en famille. Autour d’Aramits, où se trouve un centre international de spéléologie des Pyrénées-Atlantiques, et vers Porthau, près de Lanne, des sentiers sillonnent les forêts qui ont inspiré les noms des mousquetaires de Dumas, Aramis et Porthos. Entre vignobles, thermes, marchés et fêtes rurales, le Béarn compose un art de vivre où la montagne, la campagne et les traditions se rejoignent à chaque détour de route.